Aux frontières du tourisme

Le tourisme, dans sa configuration contemporaine, est un phénomène qui se joue des frontières à de multiples niveaux. Phénomène non-nécessaire (Urbain, 2011) et éminemment révélateur de notre société, il se décline en une grande variété de pratiques qui prennent sens dans le temps, dans l'espace, concerne une multitude d'acteurs en interaction ou sein ou par delà leur culture. Son étude relève alors d'une multitude de disciplines et fait appel à un cortège de théories et méthodes. Cependant, loin d'être figé, le tourisme est un phénomène qui se transforme et se ré-invente sans cesse, au gré des évolutions de nos sociétés, des aspirations et des intérêts des individus qui la composent, ainsi que de celles des territoires qui l'accueille.

 

Les réflexions récentes sur l'avènement d'un post-tourisme au sens de J.Urry (1995), qui le caractérise comme un processus de réinvention du tourisme marqué par une interpénétration croissante du touristique au sens classique du terme et du quotidien, de l'ordinaire, invitent à s'interroger sur les frontières mouvantes du tourisme.

 

Poser la question des frontières du tourisme pour des jeunes chercheurs, c'est d'une part,  tenter de circonscrire les contours d'un objet multidimensionnel, complexe et en perpétuelle mutation tant au niveau de ses temporalités, que de ses espaces, de ses acteurs, des cultures et des manières de l'étudier. D'autre part, il paraît intéressant d'explorer la polysémie du mot frontière dans la mesure où celle-ci peut présenter un caractère heuristique : elle encourage les chercheurs à s'intéresser aux situations liminales, c'est-à-dire aux limites, aux marges de son objet d'étude, tout en nous poussant à nous intéresser aussi aux zones de contacts. En effet, si ces lignes discriminantes peuvent parfois prendre appui sur des faits observables - frontière  "naturelles"-, elles peuvent aussi reposer sur des postulats arbitraires -frontières artificielles - dont le questionnement permet de faire bouger les lignes pour laisser place à de nouveaux territoires de recherche. 

Personnes connectées : 1